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À quelques jours d’une demi-finale de Champions Cup qui s’annonce explosive, Matthieu Jalibert s’est présenté face à la presse ce mercredi à Bordeaux. L’ouvreur international, lucide sur la montagne qui attend les siens, s’est montré mesuré mais déterminé avant d’affronter le Stade Toulousain, sextuple champion de la compétition. Car si l’UBB rêve d’écrire une nouvelle page de son Histoire, elle sait qu’il faudra renverser un colosse du rugby européen.

À quelques jours d’une demi-finale de Champions Cup qui s’annonce explosive, Matthieu Jalibert s’est présenté face à la presse ce mercredi à Bordeaux. L’ouvreur international, lucide sur la montagne qui attend les siens, s’est montré mesuré mais déterminé avant d’affronter le Stade Toulousain, sextuple champion de la compétition. Car si l’UBB rêve d’écrire une nouvelle page de son Histoire, elle sait qu’il faudra renverser un colosse du rugby européen.


“On se prépare, on établit un plan. On verra dimanche si on est capable de mettre les choses qu’on a prévues en place”. Pas de grandes envolées, ni de déclarations fracassantes de la part de Matthieu Jalibert, mais une concentration palpable dans la voix du numéro 10 bordelais. Le décor est planté. Ce dimanche, le Matmut Atlantique sera le théâtre d’une affiche de gala entre deux des meilleures formations françaises et européennes de la saison. Et si le club girondin a toutes les raisons de croire en ses chances, la prudence reste de mise face à un adversaire aussi expérimenté que redouté.
Étincelants en phase de poules, avec pas moins de quatre victoires bonifiées et auteurs d’un époustouflant 20/20, les Bordelais font, certes, figure de cador européen, mais croiseront le fer avec une écurie toulousaine qui n’est pas à prendre à la légère. “Toulouse en mode demies, ce n’est pas la même équipe qu’on pourrait affronter en Top 14. Ce sera un tout autre match”, a-t-il déclaré en conférence de presse. Une déclaration qui en dit long sur l’héritage stadiste dans cette compétition. Le message du demi d’ouverture des Bleus est clair : face à un tel palmarès, aucun relâchement ne sera permis sur la pelouse du FCGB.
“C’est une équipe qui est habituée aux phases finales, encore plus en Coupe d’Europe. Ce sont les champions en titre. Pour nous, c’est un grand défi, ça va être un grand match. On a la chance que ce soit à Bordeaux, mais je pense qu’on a tous conscience de ce qui nous attend dimanche”.
Un Bordeaux qui carbure
Pourtant, difficile d’ignorer la dynamique actuelle des vice-champions de France. L’équipe semble avoir franchi un cap cette saison, portée par un effectif cinq étoiles et une ligne de trois-quarts internationale. Une attaque flamboyante et une défense de plus en plus fiable, les statistiques parlent d’elles-mêmes : meilleure attaque de la compétition, plus grand nombre d’essais inscrits, de franchissements et de turnovers réussis. Bref, l’UBB marche sur l’eau depuis le début de son parcours européen.
Mais l’heure n’est pas à la fanfaronnade. Jalibert, toujours aussi sobre, refuse d’endosser toute étiquette de favori malgré l’hécatombe de blessés dans les rangs stadistes : “Très peu de gens nous voient passer. On est clairement les challengers. On veut juste être sur le terrain, donner 100 % de nous-mêmes, ne pas avoir de regrets et voir qui sera qualifié”.
Stade Toulousain et la Coupe d’Europe, une histoire d’amour
Si l’international Bleu aux 35 capes se montre aussi prudent avant d’accueillir les Rouge et Noir, c’est surtout dû au palmarès XXL des hommes d’Ugo Mola sur la scène continentale. Six fois champions de la prestigieuse Coupe des champions, les Toulousains arrivent sur la côte Atlantique avec un statut de géant européen à assumer ce dimanche. Un rang que les partenaires de Thomas Ramos avaient déjà fièrement tenu face au Rugby Club Toulonnais en quart de finale, s’offrant le scalp des Varois et sans doute LE gros coup du week-end.
Héroïques à Mayol, les Occitans auront en ligne de mire une nouvelle victoire de prestige en terres bordelaises. Et Jalibert le sait : pour passer face à l’ogre toulousain, il faudra livrer le match parfait. “On a des qualités, si on est là, ce n’est pas par hasard. On va vendre chèrement notre peau et on ne se pose pas dix mille questions”.
Une équipe du Stade Toulousain décimée, un bilan récent favorable et l’avantage du terrain qui sourit aux Bordelais… tous les voyants sont pourtant au vert pour les hommes de Yannick Bru, mais la tâche ne s’annonce pas aussi simple face à une écurie habituée des joutes européennes. Après 1993, 2003, 2005, 2010, 2021 et 2024, les joueurs de la ville rose voudront bien rajouter une septième étoile à leur tableau de chasse déjà très doré. Un rêve qui passe forcément par son rival bordelais, de quoi promettre un choc au sommet entre deux prétendants au titre.
Une revanche à prendre
Difficile, toutefois, d’évoquer ce rendez-vous sans repenser à la gifle infligée par Toulouse lors de la dernière finale du Top 14 (59–3). Un traumatisme pour tout le peuple girondin, mais un souvenir que l’équipe ne souhaite pas raviver inutilement. “Honnêtement, on n’a pas vraiment pensé à cette finale. Comme on l’a dit depuis le début de saison, ce match nous a surtout servi pour construire cette saison. On était arrivés avec beaucoup de joueurs sur les rotules, et on était simplement tombés sur meilleurs que nous ce soir-là”.
Vexés de leur humiliation à l’Orange Vélodrome de Marseille, Matthieu Jalibert et ses partenaires auront en effet une belle revanche à prendre ce dimanche, sans pour autant en faire un facteur moteur cette semaine. 10 mois après cette débâcle historique, où ils n’auront jamais existé lors de ce grand rendez-vous manqué, les locaux ont bien changé, tout comme la dynamique. Plus structurée, plus mature et sûre de ses forces, l’UBB est au sommet de son art et compte bien faire déjouer les pronostics. “Il faut aussi qu’on croie en nous, qu’on croie à ce qu’on met en place, qu’on croit au travail qu’on fait depuis le début de l’année”.