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Jamais deux sans trois. Après les deux victoires face aux Rouge et Noir en Top 14 cette saison, c’est une formation bordelaise historique qui a décroché sa toute première finale européenne ce dimanche au Matmut Atlantique. En faisant tomber le grand Stade Toulousain pour la troisième fois en sept mois, l’UBB a marqué la plus belle page de sa légende et s’offre un rendez-vous d’exception le 24 mai prochain à Cardiff.

Jamais deux sans trois. Après les deux victoires face aux Rouge et Noir en Top 14 cette saison, c’est une formation bordelaise historique qui a décroché sa toute première finale européenne ce dimanche au Matmut Atlantique. En faisant tomber le grand Stade Toulousain pour la troisième fois en sept mois, l’UBB a marqué la plus belle page de sa légende et s’offre un rendez-vous d’exception le 24 mai prochain à Cardiff.


Samu (3'), Bielle-Biarrey (22', 40'), Bochaton (63'), Tameifuna (77')
Tries
Delibes (14'), Barassi (54')
Jalibert (4', 41')
Conversions
Mallia (54')
Jalibert (8'), Lucu (28')
Penalties
Mallia (10', 20')
Une passation de pouvoir entre deux poids lourds du rugby français… Tenants du titre en Champions Cup, les Toulousains sont tombés les armes à la main ce dimanche après-midi à Bordeaux. Une défaite frustrante pour les hommes d’Ugo Mola, qui voient leur rêve de doublé prendre fin sur la pelouse du Matmut Atlantique, mais sans doute une victoire fondatrice pour leur adversaire girondin.
Il y a des rencontres qui changent en effet le destin d’un club : celle-ci en fait clairement partie. Dans l’enceinte ultra moderne du club de foot du FCGB, ce sont des Bordelais voués à laver l’affront qui ont fait tomber l’ogre toulousain dans un duel spectaculaire. Et de quelle manière ! Humiliés il y a encore dix mois par ces mêmes Rouge et Noir en finale du Top 14 (59-3), Yannick Bru et ses troupes ont pris une éclatante revanche ce week-end. Une rencontre qu’ils avaient encerclés en rouge depuis leur qualification dans le dernier carré.
Car presque un an après la gifle reçue à Marseille, il ne s’agissait pas seulement de battre le Stade, mais d’exorciser un véritable traumatisme. Portée par une défense héroïque et des inspirations de génie en attaque, l’UBB a signé une performance majuscule pour dominer son rival historique et décrocher, avec panache, sa première finale européenne. Récit de ce derby de la Garonne d’ores et déjà rentré dans la légende.
Une entame idéale
Dès les premiers échanges, les intentions bordelaises étaient limpides : étouffer d’entrée le champion en titre. Déterminés donc à démarrer cette rencontre tambour battant, il n’aura fallu que trois petites minutes pour faire basculer le match dans une autre dimension. Sur une relance tranchante, Matthieu Jalibert, brillant tout au long de la rencontre et logiquement élu homme du match, donne le ton. Inspiré, l’ouvreur bordelais lance parfaitement Pete Samu, à la conclusion d’une action éclair pour ouvrir le score. Le décor est planté.
Rapidement en tête (10-0), l’UBB voit ensuite son avance s’éroder face à la réaction d’orgueil toulousaine. Un essai en coin signé Delibes, puis une pénalité de Mallía et voilà les champions d’Europe revenus à hauteur, bien décidés à reprendre le contrôle. Mais l’embellie est de courte durée. Sans jamais paniquer, les locaux retrouvent leur rythme et appuient de nouveau sur l’accélérateur. Grâce à un premier essai de Louis Bielle-Biarrey, servi majestueusement en bord de touche par Damian Penaud, et trois points monumentaux de Maxime Lucu de plus de 55 mètres, Bordeaux reprend les commandes.
Si les statistiques sont pourtant très largement en faveur des Stadistes, c’est une écurie bordelaise qui a maîtrisé son art dans l’antre du Matmut. Plus pragmatiques et plus hermétiques en défense, les pensionnaires de Chaban-Delmas virent en tête à la pause. 18-11 à la mi-temps et tous les rêves sont permis.
Direction Cardiff
Après une première période marquée par un chassé-croisé haletant, les Girondins ont abordé le second acte avec bien plus de maîtrise. Et comme en début de match, ils ont frappé vite et fort. Qui d’autre que Louis Bielle-Biarrey pour faire basculer la rencontre ? L’ailier bordelais, encore lui, inscrit un nouvel essai de classe mondiale dès la reprise, donnant définitivement de l’air à son équipe. Une avance au score de 14 points, de quoi donner aux locaux une sérieuse option sur la qualification.
Alors que Toulouse tente bien de réagir par l’intermédiaire de Pierre-Louis Barassi à 25 minutes du terme, c’est le banc girondin qui va faire la différence. Supérieur physiquement, le pack bordelais, souvent critiqué par le passé, a cette fois répondu présent face à l’un des plus gros calibres du continent. Deux essais supplémentaires, signés Pierre Bochaton et Ben Tameifuna, viennent sceller le sort de la rencontre. Score final : 35-18 et une victoire éclatante, sans appel, qui propulse l’Union Bordeaux-Bègles en finale de la Champions Cup pour la première fois de son Histoire. Iconique.
Un parcours majestueux
Impériaux depuis le début de la saison, la folle épopée continue donc pour les vice-champions de France, eux qui ont à coeur de ramener un trophée en Gironde. Auteurs d’un 20/20 lors des matchs de poules, les Bordelais sont arrivés en phase finale avec un statut à assumer. Et c’est mission accomplie avec désormais trois succès de prestige en autant de rencontres à élimination directe.
Après l’Ulster, puis le Munster, c’était au tour du Stade Toulousain de subir la note très salée des hommes du président Marti ce week-end. 5 essais, 35 points et une démonstration de force, voilà comment on décroche son précieux sésame pour la grande finale à Cardiff dans trois semaines.
Après l’extase du choc de ce dimanche après-midi, il reste pourtant bien une dernière marche à gravir pour Matthieu Jalibert et ses partenaires. La plus importante de toutes. Le 24 mai, face à Northampton, l’UBB se présentera en effet avec le statut de favori outre-Manche, mais gare à l’excès de confiance contre des Saints qui n’en finissent plus de surprendre. Tombeurs des Bulls en Afrique du Sud en décembre, puis auteurs d’une demi-finale héroïque contre le Leinster, les champions d’Angleterre ont bousculé la hiérarchie européenne cette année et font désormais figure de prétendant crédible au trône.
C’est donc un ultime défi, de taille, qui attend les Bordelo-Béglais à Cardiff, car s’ils veulent inscrire leur nom au palmarès continental, ils devront se méfier d’un adversaire imprévisible… prêt à déjouer tous les pronostics. À 80 minutes d’un sacre historique dans la capitale galloise.