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En tournée en Nouvelle-Zélande pour la première fois depuis 2018, les Bleus défieront les mythiques All Blacks avec une équipe largement remaniée cet été. Un effectif amoindri qui suscite déjà la polémique dans l’hémisphère sud à l’approche du premier test.

En tournée en Nouvelle-Zélande pour la première fois depuis 2018, les Bleus défieront les mythiques All Blacks avec une équipe largement remaniée cet été. Un effectif amoindri qui suscite déjà la polémique dans l’hémisphère sud à l’approche du premier test.


“C'est de la connerie totale, la manière dont ils traitent cette tournée”, a lâché Justin Marshall, légende des All Blacks aux 81 sélections. Des propos tranchants, qui ont rapidement enflammé la toile, ravivant le débat autour de la sélection opérée par Fabien Galthié. Privé de nombreux cadres, laissés au repos après une saison de Top 14 aussi longue qu’éreintante, le sélectionneur tricolore a alors dû faire sans plusieurs de ses stars. Damian Penaud, Louis Bielle-Biarrey, Thomas Ramos… la liste des absents impressionne, et agace visiblement l’ancien demi de mêlée néo-zélandais, très critique sur le plateau de Sky Sports NZ.
“Pour être honnête, je suis vraiment déçu. On dirait que les Français trouvent toujours une excuse pour ne pas envoyer leurs meilleurs éléments. Ils manquent de respect à la fenêtre internationale”, a-t-il dénoncé dans “The Breakdown”, émission phare consacrée au rugby. “Nos supporters méritent de voir les meilleurs joueurs du monde venir affronter les All Blacks chez nous. En novembre, nous envoyons nos stars en Europe pour remplir les stades et offrir le meilleur spectacle possible. Là, ils ne jouent pas le jeu”.
Des bleus diminués
Avec en moyenne 25 ans d’âge et seulement neuf petites sélections, le groupe du dernier champion du Tournoi des Six Nations s’envole donc pour Auckland avec un cruel déficit d’expérience. Un contexte peu favorable, surtout si l’on considère l’historique du XV de France en Nouvelle-Zélande…
Les Bleus n’y ont en effet plus gagné depuis 2009 et restent sur une tournée désastreuse en 2018, conclue par trois défaites et pas moins de 127 points encaissés. De quoi nourrir les inquiétudes face à des All Blacks qui, eux, aligneront la grosse équipe. Rieko Ioane, Damian McKenzie, Ardie Savea, et les trois frères Barrett : Scott Robertson pourra compter sur un groupe dense et habitué des joutes de haut niveau dès ce samedi matin à Dunedin.
En face, avec 22 néophytes sans la moindre cape internationale, le XV de France présente un visage plus qu’inexpérimenté. Une opportunité en or pour les hommes en noir de mettre fin à la mauvaise série contre les troupes de Fabien Galthié, victorieuses lors des trois dernières confrontations dans l’Hexagone.
Une solution radicale ?
De plus en plus excédé par la politique française en matière de tournées estivales, où des équipes B sont régulièrement envoyées depuis les accords entre la LNR et la FFR, Justin Marshall propose une mesure choc. Et elle risque de faire bondir les supporters tricolores. “S'ils continuent comme ça, ce qui devient habituel, alors ne les invitez plus. On jouera contre une autre nation. Bien sûr, la série resterait intéressante, ils restent compétitifs et ont de la profondeur. Mais la réalité, c'est qu’ils ont laissé 70 % de leurs meilleurs joueurs en France. Et pour moi, ce n’est ni acceptable, ni respectueux du jeu”.
Si personne ne souhaite voir le XV de France rayé des affiches face aux cadors du Rugby Championship, il faudra sans aucun doute revoir la stratégie estivale. Sous peine d’irriter durablement les grandes nations du Sud.