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Après un premier test héroïque à Dunedin, les Bleus n’auront pas existé ce week-end face aux All Blacks. Une rencontre à sens unique, dans tous les secteurs de jeu.

Après un premier test héroïque à Dunedin, les Bleus n’auront pas existé ce week-end face aux All Blacks. Une rencontre à sens unique, dans tous les secteurs de jeu.


Roigard (13'), Savea (22'), Taylor (28'), Vaa'i (35'), Jordan (53'), Ioane (61')
Tries
Barre (46'), Brennan (76')
Barrett (14', 36', 54', 62'), Barrett (23')
Conversions
Garrec (47'), Hastoy (77')
Barrett (7')
Penalties
Garrec (19')
43 points, 6 essais et une domination totale sur la pelouse du Sky Stadium de Wellington… Les hommes en noir n’ont pas fait dans la dentelle pour ce deuxième test de l’été. Eux qui avaient à cœur de marquer les esprits après leur première sortie frustrante sous le toit du Forsyth Barr Stadium. Bousculés, les triples champions du monde s’étaient fait peur face à ce qui s’apparentait à une équipe de France C il y a une semaine. Une frayeur qui aura donc servi d’électrochoc dans le camp sudiste.
Plus agressifs, plus précis et plus cliniques, les Kiwis ont bel et bien montré un tout autre visage ce samedi matin. Une réaction éclair, qui s’est illustrée par une première période dévastatrice. Si les Bleus sont pourtant bien rentrés dans la partie, avec un premier ballon intéressant dans les cinq mètres adverses, un en-avant de Georges-Henri Colombe est venu stopper la première belle initiative française. Une action pleine de promesses côté tricolore, qui n’aura pas duré longtemps…
Dominés dans tous les secteurs de jeu, s’en est suivi un vrai naufrage dans la capitale néo-zélandaise. Conquête, défense ou encore combat : quelles sont les raisons de cet échec cuisant, le plus lourd de l’ère Galthié ?
Des avants étouffés
En retard sur les soutiens et souvent passifs sur la plupart des collisions, le huit de devant français est apparu bien trop timoré face à des hôtes piqués dans leur orgueil, comme en témoignent les trois essais signés Ardie Savea (22’), Codie Taylor (28’) et Tupou Vaa’i (35’). En 13 minutes express, les avants all blacks ont véritablement douché les espoirs d’un nouveau scénario rocambolesque. Une preuve encore, comme s’il en fallait, de la supériorité sans appel du paquet néo-zélandais. “On n’a pas su relever le défi”, a reconnu le troisième ligne toulonnais, Esteban Abadie, au micro de Canal +. “On savait qu’ils allaient monter le niveau et on n’a pas su répondre présent”.
Acculés et poussés à la faute dans les zones d’affrontement, les Français ont subi la loi du plus fort sur la pelouse des Hurricanes. Une pilule dure à avaler pour cette équipe remaniée, qui avait pourtant tant brillé face aux deuxièmes mondiaux la semaine précédente.
Les plaquages manqués
Déjà auteurs de 26 plaquages ratés à Dunedin, le mur bleu a une nouvelle fois été mis à mal ce week-end. Une défaillance défensive encore trop grande pour espérer tenir tête aux hommes de Scott Robertson.
En difficulté, les Français ont terminé la rencontre avec un incroyable ratio de 15 % de plaquages manqués, bien en dessous des standards internationaux. “On a été un peu spectateurs”, a analysé le sélectionneur Fabien Galthié. “Sur le jeu au près, que l’on sait défendre, on a manqué de vitesse pour stopper le momentum. En voulant être partout, on n’est pas vraiment là où ça se passe”.
Et puisqu’une image vaut mille mots, l’essai de Tupou Vaa’i à cinq minutes de la pause est l’exemple parfait de cette défense tricolore plus que fébrile. Sur une attaque placée des Blacks, à 60 mètres de l’en-but français, Ardie Savea a percé la ligne d’avantage, effaçant les plaquages de Joris Segonds, puis Jacobus Van Tonder. Après un jeu de main fabuleux, avec pas moins de quatre offloads, le numéro 6 des Chiefs s’en est allé à dame pour définitivement creuser l’écart. Intraitables.
Une conquête à la traîne
Malmenés en conquête directe, avec deux des trois premiers lancers perdus et une première mêlée pénalisée, les Français ont failli dans un secteur qui était pourtant si performant à Dunedin. Après deux 100 % il y a 9 jours, c’est un 5/6 en mêlée fermée et un décevant 10/14 en touche. Des lancements de jeu chahutés, qui ont freiné les Bleus dans leur volonté de construire de la continuité…
Si Esteban Abadie, Joshua Brennan ou encore Hugo Auradou sont réputés pour leur aisance dans les airs, l’alignement du XV de France a été mis à mal à de nombreuses reprises ce samedi matin, dépassé physiquement mais aussi tactiquement.
Avec trois essais sur des touches directes, les joueurs frappés de la fougère se sont montrés impériaux dans la zone de marque, comme en témoigne le petit bijou de Cam Roigard, qui vient conclure un mouvement aussi ingénieux que limpide. Du tableau noir.
Des pénalités qui coûtent cher
Si les soldats de Fabien Galthié n’ont pas su répondre au bras de fer proposé par les hommes en noir, c’est en grande partie dû à leur manque de discipline. Poussés à la faute, les Français ont fini la rencontre avec 13 pénalités concédées, bien loin des 8 du premier test. Pas de quoi rivaliser face à des Blacks en quête de rédemption.
Et comme si les nombreux coups de sifflet n’étaient pas suffisants, le carton jaune de Joshua Brennan s’est lui aussi révélé déterminant. Alors que les Bleus avaient une belle possession dans le camp adverse, l’arbitrage vidéo est revenu sur un plaquage dangereux du deuxième ligne toulousain, ensuite exclu temporairement par Monsieur Ridley. Réduits à quatorze, les Bleus ont immédiatement craqué sur la pénal-touche qui s’en est suivie. Un changement de momentum qui scellera le sort de cette partie.